“Nécrologie : Bernard Fonlon n’est plus »
Par I. C. Tcheo, Université de Yaoundé
La pénible réalité : le 27 août 1986, Shu Faî Docteur Bernard Nsokika Fonlon a rendu l’âme dans un hôpital à Ottawa, au Canada.Il avait quitté le Cameroun au début du mois de mai 1986, pour aller recevoir un D.Lit. à l’Université de Guelph. Il se proposait de passer, par la suite, l’année académique 86/87 aux Etats-Unis, dans le cadre d’un programme Fulbright. Mais la mort ne lui donnera pas l’occasion de réaliser ce projet. Elle l’a surpris en pleine activité et, désormais, nous ne parlerons plus de Bernard Fonlon qu’au passé.
La dernière impression qu’il laisse, dans ces conditions, est celle d’un travailleur acharné, constamment absorbé par un programme immense d’activité intellectuelles. Cette image est bien celle be Bernard Fonlon, ce penseur qui a affirmé dans un de ses écrits : « Ideas are the most important things in the world. »
Toute sa vie durant, il a effectivement incarné la croyance en la suprématie de la vie intellectuelle sur la vie matérielle. D’où, chez lui, la pratique peu commune du détachement des préoccupations matérialistes. « I have not garnered gold, »’ (je n’ai pas amassé d’or) écrit-il avec emphase dans une deuxième lettre ouverte adressée aux Evêques de Buéa et Bamenda en 1979.
Les soixante deux années de sa vie ont été des années d’abnégation, de tension vers un idéal intellectuel, de pratique d’une éthique faite d’ascèse mais gouvernée par l’humanisme le plus détaché q’un homme de ma connaissance ait incarné avec bonheur. Ces qualités étaient en harmonie avec l’humilité légendaire du pédagogue émérite qu’était en même temps le Professor Fonlon.
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